juillet 2019 : les Açores
02-05 juillet : Flores
Depuis toujours, j’avais l’idée de partir randonner aux Açores. Mon sac était près lorsque Jakob m’a dit qu’il viendrait avec moi. Le plan était alors de partir une journée, pour ne pas laisser Hermano trop longtemps seul au mouillage. Enfin, c’était le plan jusqu’à ce qu’on tombe nez à nez avec une tente à 24 euros dans un supermarché…
Nous prenons un bus pour Lajedo, où commence notre randonnée. Ca monte, ça descend, mes oreilles me font mal. On prend des routes vertigineuses qui me donnent des hauts le coeur, mon vertige me fait souffrire. Nous arrivons et commençons à randonner au bord de l’eau, au milieu de collines remplies de vaches. Viennent ensuite de petites rivières à traverser, quelques pentes raides que nous montons avec peine et redescendons directement pour ensuite devoir en remonter d’autres. Il faut dire que nous venons d'enchaîner deux mois de navigation et que nos muscles ne sont plus.
Arrivée en haut d’un pic, un panneau nous propose un point de vue, c’était unique. Une vue sur toute la vallée, sur la rivière qui se jette dans l’océan et surtout, sur toutes ces chutes qui viennent se jeter dans de petits cours d’eau du plateau, époustouflant.
Nous décidons de descendre jusqu’au village puis de nous rendre jusqu’au pied des chutes, un paysage unique.
La journée se termine comme elle avait commencée, au milieu de vaches. Nous descendons des collines pour arriver dans la ville de Faja Grande, où nous découvrons que, les chutes aperçues plus tôt n’avaient rien a voir avec celles-ci.
Faja Grande ainsi que a petite soeur, Ponte de Faja sont installées au bord de balaises qui se jettent directement dans l’océan. Et sur ce même plateau où les villages se trouvent, d’autres falaises remplies de chutes.
Nous arrivons après avoir parcourus 13.5 kilomètres sur des sentiers plus ou moins bien entretenus qui à l’époque, étaient empruntés par les habitants pour se rendre d’un village à un autre. On raconte également que chaque jour, un homme le parcourait aller-retour, dans le simple but d’aller embrasser sa fiancée.
Le camping est tout neuf et gratuit, les douches sont même disponibles aux campeurs, c’est génial! Nous plantons notre petite tente où nos sacs ne rentrent pas, heureusement, nous rentrons tout juste.
Le lendemain matin, nous déjeunons face aux chutes avec du pain, du fromage et du nutella, sans oublier la brique de lait, exquis. Je commence avec des courbatures partout, un mal au pieds terribles à cause des ces basquettes beaucoup trop petites et piquée par les moustiques. J’en garderais les ongles tous bleus durant 3 mois…
Nous traversons le village de Ponta del Faja et nous nous retrouvons rapidement sur un chemin étroit de deux mètres, le long d’une falaise et surplombé par une falaise, c’est magnifique mais pas pour mon vertige… Durant plusieurs heures, nous franchissons le mur des deux kilomètres. Une montée abrupte pour rejoindre le haut de la falaise, souvent même une escalade de la falaise, heureusement qu’il ne pleut pas… Après ça, nous terminons par 11 kilomètres de “plat” dans les plateaux supérieurs, des vaches, beaucoup d'hortensias et des rivières, c’est super joli. Nous arrivons au nord de l’île, à ponta Delgada d’où nous choisissons de prendre un bus pour Santa Cruz.
06 juillet 2019 : en route pour Faial
A Flores, j’ai trouvé une simplicité de vivre déconcertante, l’île a été un réel coup de coeur. La nature est grandiose et depuis la mer, l’île apparaît comme un gros bloc de verdure posé au milieu de l’océan. Il n’y a presque pas de touristes et si une chose est bien certaine c’est qu’ils ne sont pas près d’arriver étant donné que rien en se prête au tourisme de masse. Il n’y a ni le climat, ni les plages de sable fin.
J’aime la vie ici, tout est gratuit, que ce soit les douches ou les sanitaires, ça change des caraïbes. La marina ne coûte que 9 euros, pourquoi vouloir traverser l’Atlantique en voyant qu’il existe ce paradis si proche de chez nous?
Ce matin, lors de mon quart, j’ai aperçu un énorme tronc d’arbre flotter à proximité du bateau… Les sud africains nous ont contactés il y’a quelques jours pour nous avertir que Kevin avait heurté un tronc au large du Panama, ça avait heurté l’arbre d’hélice et il a presque coulé, soit, il est revenu en urgence.
Il y’a tellemts d’OFNI dans la mer, que je n'aurais plus partir sans une coque robuste… Durant la transatlantique, j’avais entendu un énorme choc contre la coque, Jakob dormait à poing fermé et j’ai fais tout le tour des calles pour voir si il n’y avait pas de voie d’eau. Plus tard, nous découvrirons des morceaux d’antifouling enlevés, des coups, une coque bien amochée.
07 -14 juillet 2019 : Horta, Faial
On dit qu’un voilier qui traverse l’Atlantique et ne s’arrête pas à Horta, ça porte malheur. Nous étions donc obligés de faire étape ici, et il n’y aura aucun regret. En plus du célèbre Peter’s cafe sport (un bar mythique), nous découvrons le bar Oceanic, où nous passerons des nuits entière, des cratères et des amis. Horta me fait un peu penser à Mindelo, grosse escale centrale où tout le monde se retrouve, se découvre. Si tu viens ici, tu ne repars jamais, ou avec de grosses difficultés.
Deux fois nous avons pris l’apéro avec Gisèle et Georges, deux adorables français qui se sont mariés à Sainte Lucie. Les bagues étaient faites en bout, et le curé leur a demandé ce que c’était. Il était si vexé qu’il leur a montré sa grosse chevalière en leur disant “ça, c’est une preuve d’amour”. Avec eux, nous avons accumulé fous-rires sur fous-rires.
Il y’a aussi eu Agathe, Agathe qui est passé de volcanologue à marin pêcheur. Agathe qui a pêché dans le détroit de béring, Agathe qui a navigué dans les Aleuts et traversé le canada sur une remorque.
Avant hier, nous avons été à la Caldeira, un énorme cratère situé en plein milieu de l’île. La dernière éruption remonte à 800, ce qui fait de lui un très vieux cratère envahi par la végétation, et c’est splendide.
Hier soir, vers minuit, nous avons été transportés sur les mobylette des pirates du 3 mâts. Nous avons rejoint une ancienne batterie, c’était incroyable. Après avoir traversé des kilomètres de tunnels souterrains, nous sommes arrivés dans un dôme entouré lui même d’un couloir. La résonance était épatante et nous sommes resté là à chanter et jouer de la guitare. Le bunker était tout le contraire de ce que j’aurais pu imaginer. Il était peint en jaune, comme les affreux murs de mon ancienne école, et il y avait de la mosaïque aux murs. Et puis, les portes étaient en chêne massif, alors que je les imaginais plutôt en métal, un bunker de luxe. Il fut construit durant la seconde guerre mondiale afin de protéger les hydravions ancrés dans le port d’Horta.
J’ai rencontré Anne-Fleure, une équipière de Buona Onda, le 3 mâts. Elle est tout a fait atypique ce qui la rend plutôt intéressante, elle déborde de vie et cultive des légumes en Guyane française.
Commentaires
Enregistrer un commentaire